moulinet1

picto accessibilitepicto le giennoispicto espacepicto contactpicto cartepicto livrepicto recherche

logo

Histoire de le Moulinet au Moyen Age

 

Au Xième siècle, le territoire de la commune était inclus dans l'immense domaine de l'Abbaye de Fleury, géré par les moines "défricheurs" de l'ordre de St-Benoît.

 

Philippe 1er, quatrième roi capétien, régna de 1060 àv1108 ; ce fils de Henri 1er fut très présent dans la région de Lorris et suffisamment attaché à celle-ci pour faire de l'abbaye bénédictine sa sépulture.

 

Faut-il trouver ici la raison de la dédicace de l'église paroissiale à Saint-Philippe?
En 1068, il se fait construire un château à Lorris, aujourd'hui disparu, afin de profiter de cet immense domaine de chasse.
Son fils Louis VI dit "Le gros" qui régna de 1108 à 1137, à l'instar de son père promena sa cour au gré des chasses royales, séjourna également dans le château royal de Lorris ; c'est alors qu'il acheta un domaine de quelques hectares aux moines de St-Benoît, le donna en apanage à Blanchard, un de ses favoris, qui cherchait à se fixer près de la résidence royale. Sous le nom de Blanchard de Lorris, il y construisit un château vers 1118.
Bientôt des vassaux virent grouper leurs habitations et une petite agglomération se forma autour du donjon protecteur. Ce domaine deviendra : Le village du Moulinet.

 

En 1157, Robert "l'aîné" dit "Seigneur du Moulinet", fils de Blanchard, couvert de dettes vend ses terres. Une partie retourne alors à Macaire, abbé de Saint-Benoît (1154) ; "L'Abbaye de Fleury et le Sire de Macaire jouiront du domaine du Moulinet saisi sur le Sire Robert" (acte privé du 01.08.1154). Le reste sera cédé pour 500 livres parisis en 1157 à Louis VII "le jeune" fils de Louis VI qui régna de 1137 à 1180.

 

 

Les finances de Louis VII sont exsangues à son retour de la calamiteuse deuxième croisade (1147-1149), l'église sera alors son principal créancier et Macaire, abbé de Saint-Benoît, est pressenti à son tour pour alimenter le trésor royal ; quinze années plus tard, le roi dans l'impossibilité de rembourser ses dettes, cède le reste des terres de son domaine du Moulinet à Arraud, successeur de Macaire.

 

 

LE PETIT MOULINOIS - Janvier 2020  N°19

 

Brèves de conseils de 1888 à 1914

 

A cette époque, les élections ont lieu tous les quatre ans.

Le conseil se compose de 10 membres

La commune compte 342 habitants d’après le recensement de 1886.

La commune est pauvre. Les dépenses principales sont : les salaires de l’instituteur et du cantonnier/garde champêtre et le coût de l’entretien des chemins vicinaux. Le conseil au fil des ans n’a de cesse de demander au Préfet le classement des chemins les plus fréquentés,en chemin d’intérêt général (ou commun),pour obtenir des aides financières, mais aussi toutes les aides médicales:de corset orthopédique etc.

 

Assistance médicale gratuite :

Un gros poste vient annuellement grever le budget : l’assistance médicale gratuite pour les nécessiteux.

Un peu plus10 % de la population en bénéficie. Des séances de conseil extraordinaires sont organisées pour décider avec une commission d’autoriser des bénéficiaires supplémentaires.

Les indigents reçoivent en plus des kilos de pain chaque semaine. Certains enfants bénéficient aussi de pain fourni quotidiennement et des fournitures scolaires gratuite.

En 1905, une loi oblige à verser une allocation mensuelle minimum aux vieillards, infirmes et aux incurables.

En 1913, la liste des aides s’étend aux familles nombreuses et aux femmes en couche.

Régulièrement le budget est déficitaire. Le conseil vote « une imposition supplémentaire pour insuffisance de revenus communaux » ou « des centimes additionnels pour combler par une imposition spéciale un déficit ».

Le conseil lors d’une séance craint qu’une habitante du Moulinet du fait de son diagnostique soit envoyée dans la section des aliénés de l’hôpital d’Orléans, « ce qui coûterait beaucoup à la commune qui est fort pauvre »

 

 En mai 1888 un projet de construction pour « une maison d’école », prend forme, avec demande de devis.

La commune n’avait pas prévu dans son budget cette dépense. L’ancienne école est très délabrée. Le coût des réparations serait colossal, comme en témoigne le compte rendu du conseil.

« La fumée qui s’échappe du poêle et des tuyaux est impossible à endurer et rend le séjour pernicieux pour les enfants et pour le maitre et l’humidité et la fraicheur la rendent malsaine et insalubre ».

Le plan est soumis à l’approbation de l’administration supérieure (le Préfet) ainsi qu’une demande de subvention et un prêt au Crédit Foncier.

Une commission est constituée pour suivre les travaux. Il est difficile de dater la mise en fonction de la nouvelle école. Il n’y a pas eu d’inauguration et aucune mention de fin des travaux. Vraisemblablement 1891-1892.

En décembre 1892, le conseil doit se prononcer sur l’utilisation de reliquat financier non utilisé pour l’école. Une des propositions est l’installation d’un gymnase. Le conseil décide : « qu’il ne lui parait pas être de première nécessité « vu que les enfants à la campagne, ont à la maison assez d’occasion pour exercer et renforcer leurs membres ». 

 

 La fête nationale n’est jamais célébrée le 14 juillet mais reportée le dimanche suivant en fonction des travaux agricoles notamment la moisson. Le programme est toujours le même : « la veille, salve d’artillerie, le matin et à midi, salves d’artillerie, le soir vers 8h illumination, 9h feu d’artifice, puis bal gratis » 

 

14 juillet 1894 : aucune réjouissance « pour honorer la mémoire de Mr Carnot, Président de la République ». (Sadi Carnot assassiné le 24 juin 1894. Son portrait est accroché à la mairie actuellement). Un crêpe est acheté à cette occasion pour "Cravater" le drapeau de la mairie.

 

5 mai 1889 le conseil vote pour le centenaire de cette date, une somme « pour fêter dignement la journée du 5 mai et s’associer à la commémoration des grands souvenirs que rappelle cette date mémorable » Sic ! (Le 5 mai 1789, convocation des Etats Généraux par le roi Louis XVI. Les EG sont représentés par une commission des 3 ordres : clergé, noblesse et tiers états. Ils sont convoqués en cas de grave crise politique).

 

Relation avec l’église

On sent une certaine tension entre la mairie et certains conseillers, d’une part, le curé Mr Vialle Odillon et le conseille de fabrique (Conseil chargé de vérifier l’entretien des églises et de gérer les finances), d’autre part.

La loi sur la séparation de l’église et de l’état n’est pas loin. (1905)

En juin 1898 Le conseil vote pour le maintien de l’école privée des filles tenue par des sœurs par 5 voix pour et 4 voix contre. Ils délibèrent : « considérant que toutes les filles de la commune reçoivent l’instruction dans une école privée dirigée par les sœurs, estime qu’il n’y a pas lieu de voter des fonds pour achat de l’étoffe nécessaire à l’enseignement de la couture ».

En 1901, un vote avec 5 voix pour et 4 voix contre assurera le maintien de l’école des sœurs. (Ouf ! L’école des filles était située à « L’Arcanderie », Place de l'église.

En 1904 « considérant que les processions sur la voie publique sont souvent cause d’obstruction pour la circulation et même cause de trouble, le conseil à l’unanimité émet l’avis que les dites processions soient interdites ».

1910, un conseiller demande au maire un arrêté pour « que la bannière ne sorte plus de l’église les jours de mariages et d’enterrements ».

Un peu plus tard…

En 1920 le maire doit se prononcer : « pour la bénédiction ou non du monument qui doit être élevé dans la commune pour les morts pour la patrie ». Un vote a bulletin secret remporte 5 suffrages contre  et 4 pour. Ainsi le conseil décide : « que la bénédiction du monument n’aura pas lieu, et que le prêtre ne devra pas sortir de son église en procession le jour de l’inauguration ».

 Régulièrement les platanes de la place de l’église sont à l’ordre du jour, car ils endommagent le toit de l’église et nécessitent d’être élagués…

 

Moyens de communication:

Une demande renouvelée pour l’installation d’une boite à lettres à la Croix St Martin où vivent 112 habitants soit 1/3 de la population qui en comprend 342.

Il est aussi demandé le rattachement à la poste de Varennes. La poste de Lorris distribue le courrier trop tard, entre midi et 1 heure, ce qui ne permet pas de répondre le jour même.

Le conseil demande 2 levées par la poste de Varennes à 8h et 15h.

En 1905, le conseil émet le souhait que le tramway départemental à vapeur de Nogent sur Vernisson à Chatillon Coligny soit prolongé jusqu’à Montereau et Lorris. La nouvelle ligne pourrait passer par le LeMoulinet, «traverser l’agglomération principale du bourg et coïncider avec la route directe de Varennes à Montereau par le chemin vicinal, puis le chemin de grande   communication du Moulinet à Montereau ».

Le conseil ira même jusqu’à proposer une somme importante à la compagnie pour modifier le trajet du Tramway à vapeur.

 En 1890 refus de l’installation d’une cabine téléphonique pour être en communication avec le bureau télégraphique de Varennes,jugé trop coûteux.

 1913, accord pour l’installation du téléphone. La cabine devra avoir une porte donnant sur la mairie et une autre surl’extérieur. Une somme est votée pour l’emploi de la femme de l’instituteur au service téléphonique. Un remplaçant est prévu durant les congés de l’instituteur, celui-ci devra faire lescourses pour aviser les personnes appelées au téléphone.

 

Activités diverses:

Des fonds sont alloués pour une bibliothèque populaire.

Une participation à la société de tir à la carabine pour les enfants avec prêt d’une carabine.

1908, vote d’un crédit dans les dépenses imprévues pour l’achat « d’un appareil à projections lumineuses pour les cours d’adultes et les conférences populaires » (??)

Les laveuses se plaignent d’être exposées aux intempéries et réclament un lavoir.

Un devis est fait, le terrain est acheté.

En 1907, une circulaire relative à la loi de 1873 sur le périmètre des débits de boisson, oblige le conseil à instaurer ce périmètre. « Considérant que le bourg de la commune n’a qu’une étendue restreinte et qu’en raison de la situation même de l’église, du cimetière et de l’église, il serait fort difficile de réglementer l’emplacement des débits de boisson et conformément à la loi ». en fait ils y seront contraints et décideront d’un périmètre de 20 mètres.

En 1903, les conseillers votent à l’unanimité la démission d’un conseiller. Celui-ci ne s’était pas présenté à trois séances successives, sans excuse orale, ni écrite. Lors de la séance suivante, le maire lit la lettre d’excuse du conseiller. Le fautif explique que ses absences n’étaient pas de son fait. Il s’est trouvé obligé de sortir 2 fois pour affaires et une fois pour indisposition.

Malheureusement, il avait été vu jouer aux cartes dans un des cafés du Moulinet, pendant les 3 séances du conseil. De plus il a été entendu se moquer de ses collègues du conseil en disant : « je  viendrai aux séances quand ça me plaira ». (Heureux les conseillers de maintenant….).

A suivre…